L'ACTION DES ASSOCIATIONS LOCALES AVEC LE SECOURS POPULAIRE

Publié le par Carton François, bénévole du Secours Populaire

La petite histoire...

96560017

Décembre 2006, la rencontre fortuite d'un randonneur français avec Abderrahim OUSSIF, instituteur de l'école associative de Timkit qui sollicita son aide pour amener des vêtements à ses élèves. De là fut contacté le Secours Populaire du Cantal, qui expédia trois convois de vêtements (et aussi : chaussures, fournitures scolaires, trousses de premiers soins) a destination des enfants puis de l'ensemble  de la population (6000 articles vestimentaires distribués).

 

 

Bien sûr ce type d'aide ne changeait rien aux causes de la pauvreté, et le partenariat avec les Associations "Timkit pour le développement et la coopération" et "Tidoua pour le développement humain", prit bientôt une autre forme.

 

En 2008, la fin du premier programme d'éducation "non formelle" de niveau primaire mis en oeuvre par la Fondation Zakoura Education (2005-2008), posait la question de la future scolarisation des enfants : impossible pour la plupart des parents d'envoyer leurs jeunes enfants à l'école publique - à six heures de marche aller-retour par des sentiers de montagne dangereux. Difficile également d'envisager un retour à la situation d'avant 2005, où presque tous les enfants n'étaient pas scolarisés. Or les deux enseignants employés par Zakoura se trouvaient disponibles pour continuer leur action dans les écoles implantées localement. Restait à trouver le financement. L'enveloppe octroyée par l'Education Nationale marocaine - environ 2700 euros par an pour les deux écoles - fut ainsi complétée par le Secours Populaire (8000 euros par an), permettant de subvenir aux salaires et divers frais de fonctionnement, dont la construction de l'école de Timkit (jusqu'à présent les cours se déroulaient dans un local exigu prêté par la mosquée). Ainsi a vu le jour un nouveau programme de trois ans (2008 - 2011) concernant 50 élèves. Mais la seule solution pérenne serait l'installation de l'école publique dans les localités (qui devrait déjà être en oeuvre au vu des effectifs et de la loi marocaine).

 

DSC03569 DSC03567

la nouvelle école de Timkkit, construite et animée avec le financement du Secours Populaire

 

En janvier 2009, des consultations publiques ont permis de faire ressortir les priorités de la population :

1) Scolariser sur place leurs enfants (ouverture d'antennes de l'école publique)

2) Bénéficier d'une desserte carrossable (piste)

3) Développer l'accès à l'eau potable (systèmes d'adduction et réserves)

4) Reboiser le plateau de Tidoua

5) Moderniser-diversifier l'économie (projets d'étables et de production de miel)

6) Améliorer l'accès aux soins médicaux (ouverture de dispensaires sur place)

 

Compte-tenu des moyens limités des quatre fédérations auvergnates du Secours Populaire, il a fallu faire un choix parmi ces priorités. 

Le relais réalisé par le SPF en matière d'enseignement étant par définition temporaire, et ce domaine apparaissant du ressort premier de l'Etat, ce financement prendra fin en juin 2011 (échéance de la convention de 3 ans relative au programme d'éducation "non formelle").

La desserte carrossable - une trentaine de kilomètres de piste dans la montagne rocailleuse - dépassant les capacités financières, techniques - sinon le cadre d'action - du SPF, ce projet est également écarté.

En troisième priorité venait l'accès à l'eau potable. Les habitants disposent d'un solide savoir-faire traditionnel en matière de construction de réserves, et il existe un fort consensus, tant au sein de la population que de la part des autorités publiques pour mener à bien un tel projet. Le SPF a donc commencé cette année à financer la construction des premières réserves. Cette action devrait s'intensifier à partir de 2011 (article suivant).

 

DSC03549DSC03551DSC03552

creusement d'une "fouille" pour la réserve d'eau d'Adar n'Touja, sur le territoire de Timkit (août 2010)


 


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article