TIMKIT ET TIDOUA : UNE POPULATION DE HAUTE MONTAGNE EN QUETE DE DEVELOPPEMENT

Timkit
L' "Action Haut Atlas" se déroule dans les localités, voisines, de Timkit et Tidoua (jemaa Anergui, Province d'Azilal, Maroc).
Il s'agit d'un partenariat entre les associations "Timkit pour le développement et la coopération" et "Tidoua pour le développement humain" et le Secours Populaire Français (fédérations de l'Auvergne), visant à favoriser l'accès aux besoins fondamentaux d'une population - 600 habitants - marquée par la grande pauvreté et la marginalisation socio-culturelle, animée par le désir de prendre en main son développement avec le soutien des autorités publiques (caïdat, wilaya et diverses délégations ministérielles).
Comme d'autres localités du Haut Atlas, Timkit et Tidoua cumulent les freins au développement :
- haute montagne (habitat dispersé entre 1800 et 2400 mètres d'altitude sur 50 km²)
- enclavement (accès carrossable le plus proche à 3 heures de marche)
- climat difficile (enneigement fréquent de novembre à mars, sécheresse estivale)
- sol calcaire peu fertile
- revenu moyen par habitant de 0,4 euro par jour
- pas d'école avant 2005 ; analphabétisme des adultes proche de 100 %
- une seule source, pas d'eau courante dans les maisons, accès limité à l'eau (consommation de 5 litres par jour par personne pour tous les besoins ; l'Organisation Mondiale de la Santé préconise 20 l. pour une "vie décente")
- pas d'électricité (sauf quelques capteurs solaires privés)
- accès limité aux soins de santé (pas de dispensaire sur place, traitements trop coûteux...), mortalité infantile de 20 %
- économie agro-pastorale non mécanisée et non irriguée, fortement tributaire des aléas climatiques (et à terme menacée par des modes de production plus concurrentiels)
- l'essor démographique et le faible potentiel économique engendrent surpâturage et déforestation (la forêt est une ressource vitale pour les habitants : bois de chauffe et de construction)

Tidoua
Le contexte général - chômage urbain, fermeture des frontières de l'Europe pour la main d'oeuvre peu technique - restreint fortement les possibilités d'exode, et les discours publics incitent au maintien sur place des populations montagnardes.
Mais elles demeurent marginalisées au sein de la société marocaine, du fait des considérables disparités du développement de celle-ci : de la "façade" moderne des grandes villes de l'ouest à l'insuffisance d'investissements structurels dans certaines zones (le "Maroc inutile").
C'est pour remédier à cette situation que les habitants se sont constitués en associations et font appel à l'Etat et aux ONG pour les appuyer dans leur démarche volontariste. Le Secours Populaire Français et le Ministère de l'Education Nationale marocaine financent les deux associations.